Demande de report Orientation gestion des déchets

Courrier de François Vasquez envoyé à tous les conseils municipaux de la Métropole de Montpellier.

A l’attention de tous les conseils municipaux de la Métropole de Montpellier

Chères et chers collègues,

En mars 2022, nous avons voté à l’unanimité une stratégie zéro déchet pour notre métropole.
Les deux mesures phares étant une collecte poussée des biodéchets et la sortie des Déchets d’Activités Économiques (DAE) de la collecte, imposée par la réglementation.

Actuellement, le total OMR (bac gris) est de 127 000 tonnes pour 3M, dont :
– 50 000 tonnes de biodéchets
– 20 000 tonnes de DAE

Nous avons un objectif impératif à atteindre pour 2027, contraint par le « Socle commun » :
Ametyst produit actuellement 35 000 tonnes de compost issu du bac gris qui sera reconnu comme un déchet en 2027 par la nouvelle réglementation. Cela va constituer un choc de 10 millions d’euros pour la collectivité pour leur mise en décharge.

Notre objectif à cette échéance sera donc de détourner 35 000 tonnes de biodéchets pour un retour à la terre et 20 000 tonnes de DAE, pour une meilleure valorisation de ces déchets d’activité.
Par ailleurs, la politique portant sur le réemploi et l’économie circulaire pourra, avec le tri du verre, des textiles etc. détourner plus de 10 000 tonnes.

Si notre politique se déploie avec tous les outils et tous les moyens demandés, nous visons les 45 000 tonnes d’OMR résiduels en 2029.

L’orientation de la filière proposée au prochain conseil de métropole ne tient pas compte de ce choc « Socle commun » et est antinomique avec la stratégie zéro déchet :
En 2027, Ametyst ne valorisera plus rien : tous les déchets gris qui entreront iront à l’élimination. Les industriels proposent une filière CSR (chaudière à plastiques) pour brûler 45 000 tonnes d’OMR (elle n’entrerait au plus tôt en fonction qu’en 2029).
Pour nourrir les 45 000 tonnes à haut pouvoir calorifique de la chaudière, l’industriel aura besoin de 100 000 tonnes à éliminer. Or notre politique a pour vocation de les diviser par deux.
Il est donc facile de comprendre que cette orientation mise sur l’échec de notre stratégie zéro déchet.

Cette filière d’incinération s’expose de plus au durcissement annoncé de la réglementation et de la fiscalité sur les activités polluantes.
Ce durcissement sera funeste pour les comptes publics. Les impacts environnementaux et sanitaires seront délétères, par la combustion de produits chimiques en milieu urbain avec des rejets atmosphériques importants. Aucune collectivité n’a, à l’heure actuelle, adopté ce mode de chauffage urbain en France.

L’acceptation sociale d’une incinération en ville ne pourra pas être obtenue devant l’absurdité des raisons avancées pour sa réalisation, mise en place sous le prétexte fallacieux de produire une énergie locale.
En effet, la vocation d’une chaudière n’est pas de faire disparaitre les déchets mais de produire de l’énergie. Or, Montpellier est engagée sur une filière bois et photovoltaïque et n’a pas besoin de chaleur d’autant plus issue des énergies fossiles.

Cette filière industrielle lourde, complexe (TMB gris + préparation CSR + chaudière CSR + réseau de chaleur spécifique) et ruineuse (le contrat total s’élèvera à plusieurs centaines de millions d’euros) est d’autant plus inutile que nous avons la capacité d’incinération sur notre territoire à l’échéance 2029.

En effet, notre gestion des déchets ne doit pas être métropolitaine mais territoriale avec nos voisins de Lunel et de Sète. La pertinence économique exige une mutualisation des installations industrielles : deux incinérateurs (un à Sète et un à Lunel-Viel), et une usine de méthanisation des biodéchets collectés séparément à Montpellier.
Les engagements contractuels et la sortie obligatoire des biodéchets de l’incinération vont créer des vides de four qui accorderont à la Métropole de Montpellier l’incinération assurée de 45 000 tonnes en proximité.

Or, avec la filière CSR nous continuerons à devoir éliminer jusqu’à 65 000 tonnes de refus sur 100 000 tonnes de déchets gris.


L’erreur est de vouloir une métropole autonome pour gérer ses ordures ménagères, c’est impossible car insupportable financièrement : nous aurons par contre un territoire autonome, d’ailleurs uni lors de la candidature pour devenir Capitale européenne de la culture.

Ne nous trompons pas d’enjeux : la crise des déchets sera infiniment plus impactante que celle de l’énergie et nous n’avons plus les moyens financiers des erreurs du passé.
Ce n’est pas seulement une modification de la DSP d’Ametyst dont il est question, mais d’un choix de Métropole.

Je vous demande le report de cette délibération afin d’autoriser un débat éclairé permettant à chacun de saisir réellement tous les enjeux de cette délibération.

Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Bien cordialement,

http://montpellier3m.fr/signatures/signatureMontpellier3M.pngFrançois VASQUEZ Vice-Président délégué à la Collecte, au Tri, à la Valorisation des déchets et à la Stratégie zéro déchet

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