Le 5 mars 2026, la préfète de l’Hérault a mis en demeure la Région Occitanie de respecter ses obligations environnementales dans le cadre du projet de lycée de Cournonterral.
Cette décision révèle une situation particulièrement grave : non seulement la destruction d’un site écologique sensible n’a pas été compensée, mais les mesures compensatoires elles-mêmes n’ont pas été mises en œuvre. L’arrêté préfectoral constate notamment l’absence de maîtrise foncière complète des parcelles compensatoires ainsi que l’absence d’actions concrètes de restauration écologique.
Implanté en zone Natura 2000, ce projet a conduit à la destruction de près de 12 hectares de terres agricoles, dans un espace reconnu pour la richesse de son écosystème, sans compensation effective.
Dès 2022, Coralie Mantion, alors vice-présidente en charge de l’aménagement du territoire, avait alerté sur les limites de la compensation environnementale et demandé un repositionnement du projet et une réduction de son impact environnemental. Ces alertes ont été écartées sur la base d’arguments (projet trop avancé, financements bouclés, parcelles de compensation acquises) aujourd’hui contredits par les faits.
« En 2022, j’alertais déjà sur le fait que la compensation ne remplacerait jamais la préservation. Aujourd’hui, la réalité est encore plus grave : non seulement un écosystème a été détruit, mais les mesures censées le compenser n’ont même pas été mises en œuvre. À l’heure où l’effondrement de la biodiversité est une urgence, Carole Delga et Michaël Delafosse s’entêtent dans un modèle d’aménagement dépassé, fondé sur l’artificialisation des sols. Ce n’est pas une erreur, c’est une faute politique. » Coralie Mantion
La Région dispose désormais de trois mois pour se mettre en conformité, sous peine de sanctions financières et de poursuites pénales.

Pas de PJ a votre article sur le lycée de Cournonterral
En effet, vous trouverez l’arrêté en cliquant sur le « bouton vert ».
La « compensation » est une vue de l’esprit. Il n’y a jamais de « compensations » à la destruction d’espaces naturels. Voici ce qu’en dit AtEcoPol : https://atecopol.hypotheses.org/5779
Je suis bien d’accord.
C’est pour cela qu’en 2022, alors que j’étais vice-présidente en charge de l’aménagement du territoire, j’avais alerté sur ce projet. Et j’avais demandé que le lycée soit repositionné hors zone Natura 2000, dans un secteur sans enjeux environnementaux et que la programmation soit revue afin de limiter l’artificialisation des sols et de mutualiser les équipements (4 parkings pour 4 équipements qui ne sont pas utilisés au même moment ! ) .
Ces demandes ont été rejetées, au motif que le projet était trop avancé, que les financements étaient bouclés et que les parcelles de compensation avaient déjà été acquises.
En fait, il n’en était rien !