Notre contribution à l’enquête publique du PLUi
Madame, Monsieur,
Le projet de Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) tel qu’il est présenté aujourd’hui est profondément inquiétant. Alors qu’il se revendique comme un « PLUi Climat », il ne propose aucune véritable rupture avec le modèle d’urbanisation destructeur qui menace l’équilibre de notre territoire.
Un projet qui favorise l’artificialisation des sols au détriment du climat
Montpellier connaît une croissance rapide qui engendre déjà des problèmes majeurs : pollution de l’air, saturation des infrastructures, inondations accrues et destruction des espaces naturels. Pourtant, le PLUi ne freine pas cette expansion, bien au contraire :
- 70 000 nouveaux habitants en 10 ans, concentrés sur un territoire déjà asphyxié.
- 750 hectares de terres agricoles et naturelles sacrifiés, mettant en péril notre biodiversité, nos paysages et notre souveraineté alimentaire.
Ce modèle de développement est dépassé. Montpellier et sa métropole ne peuvent plus supporter un tel rythme d’urbanisation sans conséquences dramatiques pour l’environnement et la qualité de vie des habitants.
Des destructions irréversibles de notre patrimoine naturel et agricole
Les projets d’aménagement prévus dans ce PLUi menacent directement les équilibres écologiques et paysagers de notre territoire :
- La ZAC Gimel, Euromédecine et Cambacérès : destruction de la ceinture verte de Montpellier, pourtant essentielle pour la régulation de la pollution et la préservation des corridors écologiques.
- Sablassou et la Lauze Est : artificialisation de terres agricoles, alors que la souveraineté alimentaire est un enjeu majeur dans un contexte de crises géopolitiques et climatiques.
- Les Hauts de Lattes et la plaine du Baillarguet : disparition de paysages naturels qui participent à l’identité du territoire.
- Le Coteau de Malbosc : réduction d’un espace de respiration en cœur de ville, pourtant vital pour les habitants.
- Ode à la mer : création de la 32ème ville de la Métropole en seule 10 ans, sur un seul quartier alors qu’on aurait pu faire une opération positive de renaturation
Préserver ces espaces, ce n’est pas un caprice écologique, c’est une nécessité pour l’avenir. Montpellier doit rester une ville vivable malgré l’augmentation des températures et l’intensification des événements météorologiques.
Un développement territorial déséquilibré et une densification mal pensée
L’hyper-métropolisation asphyxie Montpellier tandis que les villes moyennes environnantes se vident. Plutôt que de concentrer toujours plus d’habitants et d’emplois sur un même territoire, il faut :
- Encourager un rééquilibrage territorial, en revitalisant les communes voisines qui souffrent de logements vacants et de déclin économique.
- Privilégier la densification raisonnée, en intégrant des espaces publics et végétalisés de qualité.
- Transformer les zones commerciales en quartier mixte, en exigeant un solde positif de désartificialisation des sols
Un manque de réelle concertation
De nombreuses décisions prises dans ce PLUi vont à l’encontre des attentes des habitants, malgré des mobilisations citoyennes significatives :
- 1000 avis défavorables contre l’urbanisation de Sablassou.
- 7000 signatures pour la préservation du Coteau de Malbosc, toujours classé en zone à urbaniser (AU).
- Des annonces de réduction des surfaces urbanisées non suivies d’effets concrets, comme à Sablassou où le document d’enquête publique affiche toujours 11 hectares constructibles malgré les annonces de réduction à 4 hectares.
Ce PLUi, dans son état actuel, trahit les engagements initiaux de lutte contre l’étalement urbain et de protection des espaces naturels.
Pour un véritable PLUi Climat
La crise climatique impose des choix courageux. Montpellier doit devenir une ville résiliente, capable de faire face aux vagues de chaleur et aux défis environnementaux qui s’annoncent. Cela passe par :
- Un objectif réel de zéro artificialisation nette à l’horizon 2030.
- La sanctuarisation des terres agricoles et naturelles, essentielles pour la biodiversité, la souveraineté alimentaire et la lutte contre les îlots de chaleur.
- Un développement équilibré du territoire, qui ne repose plus sur une concentration excessive à Montpellier mais qui dynamise l’ensemble de la région.
- Une densification urbaine maîtrisée, avec des espaces verts de qualité et des infrastructures adaptées aux besoins des habitants.
Montpellier et sa métropole ne doivent pas être sacrifiées sur l’autel d’une croissance aveugle. Ce PLUi doit être profondément revu pour être à la hauteur des enjeux climatiques et environnementaux.
Je vous remercie de prendre en compte cette contribution, en espérant que la voix des citoyens soit enfin entendue.
Coralie Mantion
Pour le groupe Les Écologistes
Ancienne vice-présidente à l’aménagement du territoire
Une habitante engagée pour l’avenir de Montpellier