ZFE : Pressé par les maires, Delafosse temporise 2 ans

LA MARSEILLAISE / 13 FEVRIER 2025

Rémi COUGNENC

Le conseil de Métropole a voté le 13 février le report du calendrier jusqu’en 2027. Après les municipales…

La «pédagogie» pour les uns, le «renoncement» pour les autres. 3 ans après avoir été décidé à la quasi-unanimité, le calendrier de la Zone à faibles émissions (ZFE) a été reporté de 2 ans, jeudi 13 février.

À moins que la qualité de l’air ne se dégrade et que l’État n’oblige la Métropole de Montpellier à se conformer à la loi dès le 1er janvier 2026, il n’y aura, comme depuis 2022, pas de verbalisations jusqu’en 2027 contre les véhicules théoriquement interdits (Crit’air 3 et au-delà) dans les 11 communes concernées.

« Injuste et inapplicable »

Depuis plusieurs mois sous pression de 23 maires, le président Michaël Delafosse (PS) s’est résolu à faire adopter un moratoire «à contrecœur» diront certains élus pro-ZFE. La nouvelle trajectoire sera celle de «la pédagogie» et de «l’accompagnement» des particuliers à changer de véhicules, trace l’élu socialiste qui somme l’État d’instaurer des aides. «Sans verbalisation, je pensais qu’il n’y avait plus de sujet», s’étonne le fidèle adjoint Vert, Manu Reynaud. « La boussole des écologistes ne sera jamais le renoncement.»

Ce choix est pourtant un net recul de la majorité qui défendait le calendrier le plus rapide,«zélé» râlaient certains. À la tête de la fronde rurale, le maire de Saint-Brès boit du petit-lait. «C’est une première victoire pour ceux qui sont contre cette ZFE injuste et inapplicable», clame Laurent Jaoul devant ce «texte équilibriste qui n’apporte aucune solution si ce n’est le recul de 2ans». De son côté, Alenka Doulain (proche de LFI) estime que «les alternatives à la voiture ne sont pas à la hauteur».

«Si on n’est pas capable de faire respecter la règle, c’est qu’elle n’existe pas», conclut l’élu écolo d’opposition François Vasquez qui redoute la «propagation d’une rumeur» populaire sur l’abandon de la ZFE. Quant à son homologue écolo Coralie Mantion, elle conseille au président d’arrêter les «projets funestes» (COM, «incinérateur à plastique»…) pour améliorer la qualité de l’air. Hervé Martin (PCF) qui souligne que le prix des véhicules neufs a explosé et réclame à l’État 10 000 euros d’aides aux particuliers, a lui aussi voté le moratoire. «L’écologie punitive, c’est des mesures écolos de bon sens avec le capitalisme qui en profite pour vous faire les poches.» Ce à quoi Julie Frêche (PS) rappelle les «dérogations: petits rouleurs, conversion à l’éthanol…».

Le sujet de la qualité de l’air qui cause 46 000 décès par an reste entier. Après les municipales, l’État et les conseillers métropolitains, aujourd’hui «à portée de baffe de l’électeur»(dixit l’élu Bernard Modot, «amer»), devront prendre leurs responsabilités sur la ZFE et la santé publique.