Montpellier : les visions sur la situation des finances de la Ville s’opposent au conseil municipal

ACTU.FR / 12 FEVRIER 2025

Cédric Nithard

Le Débat d’Orientation Budgétaire a été une nouvelle fois l’occasion de confronter les visions de la majorité et des oppositions sur les finances de la Ville et les choix opérés.

Un conseil de 4h30 tenu ce mardi 11 février durant lequel s'est déroule le Débat d'Orientation Budgétaire.
Un conseil de 4h30 tenu ce mardi 11 février durant lequel s’est déroule le Débat d’Orientation Budgétaire. (©CN / Métropolitain (Illustration))

Lors du conseil municipal de Montpellier, tenu ce mardi 11 février, le dernier Débat d’Orientation Budgétaire du mandat de Michaël Delafosse, donnant les premières indications sur le budget 2025 qui sera présenté en avril, a permis à la majorité d’afficher son volontarisme malgré le contexte et une forme d’optimisme teinté de prudence. Une vision que ne partage pas, à différents degrés, les composantes de l’opposition.

Une préparation contrainte

« Serait ce la fin du choc inflationniste ? ». La question posée par Michel Aslanian résume l’état d’esprit du délégué aux finances de la Ville de Montpellier. Un état d’esprit entre prudence et optimisme. C’est aussi ce qui semble avoir conduit la préparation du budget 2025 toujours autant impacté par le contexte national et international. Reste, à un an de la fin du mandat, un programme à conclure pour la majorité en respectant les engagements financiers.

Pour y parvenir, Michel Aslanian met en avant un taux d’épargne brute « extrêmement favorable » de 17 % en 2023, supérieur de 4 points à la moyenne des plus grandes villes de France (hors Paris). Une capacité de désendettement de 5,1 ans en 2023, inférieure de plus d’une année à la moyenne des plus grandes villes de France, soit un encourt de dette de 1 030€ par habitant, moins de 80€ par rapport à la moyenne des plus grandes villes de France. Des dépenses d’équipement de 292€ par habitant, supérieures de 22€ à la moyenne des plus grandes villes de France.

Le délégué aux finances anticipe dans son compte administratif 2024, une épargne brute de 64 M€, une épargne nette de 44 M€, une capacité de désendettement de 6,4 ans, des dépenses d’équipement de 173 M€ (soit 407M€ par habitant) et un taux de réalisation de ces dépenses d’équipement de 80 %.

Le contexte national et international

L’instabilité gouvernementale a rendu la préparation du budget difficile. Si le gouvernement Barnier avait ainsi réclamé un effort de 5Md€ aux collectivités locales, le gouvernement Bayrou la finalement ramené à 2,2Md€. Cependant, le Projet de Loi de Finances 2025 adopté, la Ville de Montpellier et la Métropole sont exonérées du dispositif de lissage des recettes fiscales des collectivités. Il faut toutefois prévoir une hausse progressive de cotisation de la caisse de retraite des agents de la collectivité de 12 points sur 4 ans soit 2,9 M€ intégrés au budget 2025.

« Bien évidemment nous avons un contexte international tendue et incertain. Il nous appartiendra de rester extrêmement prudents » précise Michel Aslanian qui prévoit une inflation à 1,6 % en 2025 contre 5,2 % en 2022. Fortement impactés par les différents conflits, les prix de l’énergie reviennent à des niveaux plus raisonnables. Cette donnée cumulée aux efforts de la collectivité en matière de sobriété énergétique fait que les dépenses d’énergie passées de 4,1M€ en 2022 à 8,6 M€ en 2023, après une baisse en 2022 avec 7,3 M€, devraient revenir en 2025 à 5,6 M€.

Autre motif d’optimisme avec une diminution des taux d’intérêts moyens de la dette attendue en raison de la nouvelle politique de la BCE. Ceux-ci devraient passer de 3,32 % en 2024 à 2,82 % en 2025, encore loin des 1,58 % de 2022. Mais attention, « malgré la diminution de l’Euribor, une prudence est nécessaire face à la dégradation des taux de la dette souveraine de l’État » tempère le délégué aux finances.

Maintien des taux de fiscalité

Malgré le contexte et les contraintes, la volonté de la majorité depuis le début du mandat est de maintenir sa stratégie financière résumée par les quatre objectifs d’améliorer l’autofinancement, d’assurer la gestion stratégique et maitrisée la dette avec une capacité de désendettement inférieure à 12 ans, de réaliser une PPI ambitieuse de 800M€ et de déployer le bouclier social comprenant aucune augmentation des taux de la taxe foncière. Les taux de fiscalité sont ainsi maintenus à 22,49 % pour la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, 52,63 % pour la taxe sur le foncier bâti et 112,71 % pour la taxe sur le foncier non bâti.

En 2025, la collectivité entend poursuivre ses efforts de fonctionnement avec notamment la poursuite du plan de sobriété énergétique permettant une baisse attendue de la consommation de 10 % ou encore le plan de lutte contre l’absentéisme. De plus, les dépenses d’équipement seront ajustées sur les priorités du mandat.

Parmi les principales opérations du projet de budget 2025, les réalisations de l’école Hypatie et du pôle éducatif des halles, des groupes scolaire Nouveau Saint Roch et Hauts Croix d’argent, le lancement de la Cité de l’alimentation, du Centre d’initiation à l’art pour les 3-6 ans Mille Formes, de l’Hôtel des Sécurités, la rénovation du complexe sportif Jean Scialo… Des investissements prévus permettant selon le calcul de la Fédération Nationale des Travaux Publics la création ou le maintien de 1 700 emplois sur le territoire.

« La qualité de signature de la Ville est reconnue »

« Ce qui est très important c’est que la qualité de signature de la Ville est reconnue par nos partenaires grâce à une gestion saine et rigoureuse de nos finances. Nous n’avons actuellement aucun problème à trouver des partenaires financiers » loue Michel Aslanian. Une gestion de la dette guidée par « une stratégie vertueuse » permettant par exemple un emprunt à venir de 100M€ auprès de la Banque Européenne d’Investissement ou encore des prêts sociaux auprès de la Banque Postale. Une dette que la collectivité a par ailleurs choisie, pour plus de sécurité, de répartir entre 14 banques partenaires dont les emprunts sont régulièrement renégociés.

Dans la section fonctionnement, une évolution de + 4 % des recettes réelles et de + 2 % des dépenses réelles est attendue. Ainsi, quand le budget primitif 2024 affichait une épargne brute de 33M€ et une épargne nette de 13M€, les premières orientations 2025 les positionnent à 44M€ et 17M€ sans toutefois modifier la capacité de désendettement de 9,5 ans. « Le budget 2025 s’articule autour de quatre axes : maintenir la stabilité des taux pour soutenir le pouvoir d’achat ; maitriser la dette à un niveau soutenable et limiter la charge des emprunts ; calibrer les dépenses d’investissement tout en continuant à investir pour la qualité de vie, la sécurité, la transition écologique et solidaire ; et enfin réaliser des efforts de gestion tout en protégeant la qualité du service public » a conclu Michel Aslanian avant de laisser la parole aux différents groupes.

« N’est-il pas opportun de revoir certaines priorités ? »

Premier à s’exprimer, Serge Guiseppin observe : « Les Montpelliérains se préoccupent avant tout de la fiscalité qui impacte leur portefeuille, de la qualité de service public et du bien-vivre à Montpellier. Est-ce que ces trois éléments répondent dans le DOB ? J’ai quelques doutes ». Le président du groupe « Alliance progressiste et Républicaine pour Montpellier » reconnait toutefois : « Il est facile en tant que membre de l’opposition de critiquer la gestion de la ville, néanmoins, si nous restons objectifs et si les informations présentées sont exactes, certains de vos chiffres semblent plus positifs que dans le passé » et salue également « une bien meilleure gestion des ressources humaines ». Il appelle cependant Michaël Delafosse à « envoyer un signal très fort en réduisant les taux. Montrez aux montpelliérains que vous êtes capable de faire mieux » et demande afin de réduire les coûts de fonctionnement « une réorganisation des services pour mieux répondre aux attentes du public ».

Membre du même groupe mais président de la commission de finances, Salim Jawhari est plus sévère dans son jugement. « Des divergences perdurent entre nous. Si vous faites preuve d’un pessimisme à tous crins, je suis plus pessimiste que vous. Vous vous cadenassez dans un tour de magie budgétaire qui ne sert pas le débat et dessert les Montpelliérains. Ne vous enfermez pas dans le déni. La seule réalité est qu’aujourd’hui les finances de la ville vont mal. Nous flirtons avec le seuil critique d’endettement des 12 ans. Vous êtes en train de quadrupler notre dette ». À ce constat, il interroge : « N’est-il pas opportun de revoir certaines priorités qui ne sont pas forcément des priorités quotidiennes de nos concitoyens ou des envies ou projets qui vont gréver les finances de la ville ? » en pointant le passage du Tour de France ou la ZAT. « Je ne suis pas pour ne pas faire mais pour bien faire » assure-t-il.

Enfin, Salim Jawhari demande « un audit indépendant des finances de la Ville » qu’il envisage nécessaire dans la perspective des municipales pour que « chacun bâtisse un programme réaliste pour les Montpelliérains et ne pas présenter des projets financiers irréalistes. Il est temps d’ouvrir le débat de manière transparente sur les finances de la Ville ».

« Le problème n’est pas que vous dépensez trop mais mal »

Autre degré de critique avec Alenka Doulain. « Une évidence s’impose. Vos ambitions initiales ont été largement revues à la baisse et vous tentez de masquer vos renoncements sous un discours de rigueur budgétaire. Vous aviez promis une PPI à 1Md€ sur votre mandat, nous finirons à 749M€, je ne sais pas comment vous arrivez à 800M€, soit moins de 75 % de votre programme » juge la présidente du groupe MUPES. Balayant les éléments de contexte, elle fustige la majorité : « Vous n’avez jamais su structurer une trajectoire budgétaire qui vous permette d’aller au bout de vos engagements. Ce budget n’est pas celui d’une ville qui prépare l’avenir mais celui d’une municipalité qui ajuste ses chiffres pour tenir debout à court terme. Le problème n’est pas que vous dépensez trop mais mal et il ne s’agit pas ici de s’enfermer dans un débat stérile sur la dette ». Elle aussi dénonce « des dépenses discutables » comme le passage du Tour de France ou certains travaux dans l’Écusson au détriment d’autres quartiers.

Passant du local au national, Alenka Doulain revêt sa casquette insoumise et charge : « Aujourd’hui, votre majorité se plaint des coupes budgétaires de l’État mais votre propre parti n’a rien fait pour s’y opposer. Le Parti Socialiste n’a pas voté la censure alors même qu’il impacte grandement les collectivités et, pire, il maintient un gouvernement dans lequel un ministre comme Monsieur Retailleau peut exprimer sa xénophobie en toute liberté. Cette contradiction est flagrante, comme votre budget, vous êtes en train de gérer les conséquences de votre propre famille politique qu’elle a pourtant validé au niveau national ».

« Le résultat sera catastrophique pour les finances de la Ville »

Échappé de la majorité et membre du groupe dissident « Les Écologistes », François Vasquez reste dans son créneau. « La Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères a augmenté deux fois durant ce mandat, ce qu’elle n’avait pas fait en dix ans. J’annonce qu’elle augmentera de manière récurrente avec les choix que vous avec pris sur le traitement des déchets. L’absence de mise en place de la stratégie zéro déchet est une erreur funeste, le revirement vers une filière CSR est une catastrophe économique. Et le VP Revol qui parle d’une baisse de la TEOM signe une absence totale de maitrise du sujet que j’affirme ». Avec toujours autant de solennité et de gravité, l’ancien délégué aux déchets affirme : « On a un éléphant dans le corridor avec une DSP de plusieurs centaines de millions d’euros que nous allons signer avant l’été et nous n’en parlons pas. Notre trajectoire budgétaire est à l’aube d’une plongée profonde ».

Pour achever le tableau noir, Abdi El Kandoussi observe : « Si vous étiez correct vous donneriez l’évolution du taux d’épargne brute et la capacité de désendettement de 2023 à 2024. Ces chiffres vous les avez et nous les auront lors du vote du budget primitif 2025. Votre épargne brute sera très proche du remboursement du capital de la dette c’est-à-dire très proche des 100 % de dette. Ces ratios donnent un état des finances de la Ville : catastrophique ». Le président du groupe « Montpellier Citoyens » s’inquiète par ailleurs « du lancement d’un plan sur les actifs de la Ville » et doute de l’évolution des dépenses et des recettes réels de fonctionnement. « Vous n’avez pas pris la mesure de la situation actuelle, vous prenez donc des décisions inadaptées. Le résultat sera catastrophique pour les finances de la Ville » assène le bras droit de Philippe Saurel.

« Un budget de gauche et écologiste »

Parole ensuite à la défense avec les différents présidents des groupes composant la majorité. Premier à s’exprimer, Manu Reynaud a d’abord résumé avec une pointe d’ironie les interventions précédentes. « J’ai noté un satisfecit de Serge Guiseppin, pas assez d’investissement du côté d’Alenka Doulain. Monsieur Vasquez, la métropole c’est jeudi. Et monsieur Al Kandoussi je vous avoue que j’ai été un peu perdu ». Non sans avoir fait remarquer qu’il s’agissait du dernier DOB du mandat avant les élections, le président du groupe « Choisir l’écologie à Montpellier » a souligné : « Il reste treize mois et nous allons les voir. Les Montpelliérains le voient dans l’espace public et dans leur vie. Un DOB et un budget, c’est aussi pour des politiques publiques. Cela fait 25 ans que l’on n’avait pas autant investi ». Et si des éléments de contexte général pèsent, il tacle également : « Il faut aussi rattraper un mandat perdu pendant six ans et les deux taxes Saurel sur la ligne de tramway, avec les énormes surcouts et les intérêts qui ont suivi, et les déchets ». Le 2e adjoint au maire a enfin plaidé : « Ce dernier budget est d’abord un budget de gauche et écologiste » en pointant en exemple « le thermomètre culturel » ou encore « le thermomètre des associations ».

« Tout le monde nous demande de faire des économies et d’investir »

Sur un autre registre, Hervé Martin a livré son analyse. « J’ai toujours eu du mal avec les injonctions contradictoires. Tout le monde nous demande de faire des économies et d’investir. La réalité, c’est que quand les finances publiques toussent les collectivités locales s’enrhument. Nous avons eu deux gouvernements successifs, le premier nous a menacé de nous supprimer 5Md€, le deuxième veut se faire passer pour un gentil en n’en supprimant que 2,2Md€. Mais cela a des conséquences évidentes surtout que depuis presque 20 ans les dotations d’État à la Ville ont diminué de presque 25 % par habitant. C’est donc un double coup de massue. Je suis étonné que tous ceux qui soutiennent ce gouvernement nous demandent de faire des économies pour permettre à l’état de faire des économies que lui n’a pas faites alors que nous sommes tenus à des comptes équilibrés » tonne le président du groupe « Communiste et Républicain » qui souligne toutefois les investissements en matière d’éducation et de politique foncière et de mettre notamment en avant : « On peut dire ce que l’on veut, jamais il n’a été fait autant sur le quartier de la Mosson ».

Face à ceux qui demandent de réaliser certaines économies, Hervé Martin prévient : « Il faut à la fois maitriser le budget de fonctionnement et assurer la qualité du service public. Mais le service public est assuré par qui ? Par les agents de la collectivité et le budget de fonctionnement ce sont essentiellement les salaires de ces agents. Je suis donc pour un budget de fonctionnement important pour que les agents qui travaillent à mettre en oeuvre ces services publics soient rémunérés à la hauteur de leur fonction, de leurs compétences et de la maitrise du travail qu’ils fournissent tous les jours ». Enfin, l’élu communiste a renouvelé son coup de gueule passé à l’occasion du Débat d’Orientation Budgétaire 2024 : « Il y a un vrai problème sur les appels d’offres. Les entreprises se gavent et c’est un vrai scandale. Il y a des entreprises qui veulent des baisses d’impôt et qui viennent quasiment racketter les collectivités locales et ce n’est pas qu’à Montpellier ». Au bout de son intervention, il a également rapidement exprimé ses doutes quant à la mutualisation entre les services de la Ville et de la Métropole. « Je ne suis pas convaincu qu’en ajoutant des couches de chefs et de sous-chefs cela ait fait baisser les coûts de notre organisation » juge-t-il ouvrant le débat…

« On fait ce que l’on dit »

Après avoir égrainé les différents éléments impactant la construction du budget, Julie Frêche a répliqué : « Nous présentons une situation financière solide et maitrisée, loin du catastrophisme pour certains (ndlr : indiquant d’un geste de la main en direction d’Abdi El Kandoussi) ou du renoncement pour d’autres (ndlr : le même geste vers Alenka Doulain). Résumant la présentation de Michel Aslanian, la présidente du groupe « Socialiste, écologiste et républicain » affirme avec force : « Nous avons ciblé les investissements, nous tenons nos engagements pour faire de Montpellier une ville plus juste, plus sûre et plus verte ».

Illustrant ainsi par les exemples le volontarisme de la majorité dans les différentes thématiques, l’élue souligne : « Cette gestion budgétaire nous permet d’investir et de maintenir des investissements prioritaires et nous permet un taux de réalisation de 80 %. On fait ce que l’on dit. Nous étions habitués dans le dernier mandat à des taux de réalisation de 56 % ». Enfin, Julie Frêche observe en conclusion : « Nous proposons un budget équilibré malgré les contraintes nationales. Face aux incertitudes sur les aides de l’État et les efforts imposés aux collectivités, nous maintenons une trajectoire budgétaire responsable en conciliant la prudence financière et des investissements stratégiques. Chaque euro engagé répond aux priorités fixées durant ce mandat ».

«Nous devons être prudents »

Dernier à participer au Débat d’Orientation Budgétaire, sans être contraint par la barre de 3 minutes de temps de parole qui glissa de plus en plus les intervenants avançant, Michaël Delafosse a d’abord pris la défense de Réné Revol, titillé par François Vasquez, et pris rendez-vous à jeudi pour le conseil de Métropole. Le maire a ensuite balayé l’ensemble des intervenants. « Monsieur Guiseppin, vous êtes de droite, je suis de gauche. Voilà. Je ne peux donc pas donner raison à vos propositions. Nous n’annulerons pas la ZAT parce que la culture c’est important. La stabilité des taux nous permet de financer les services publics. Car si j’écoute votre proposition, quel service public devons-nous supprimer ? Il y a des collectivités d’autres bords qui font des choix entiers d’arrêter des pans entiers de politique publique, nous nous pensons que si on veut une ville solidaire, il faut un haut niveau de service public ».

L’édile s’adresse ensuite plus fermement à Salim Jawhari : « Vous êtes de droite, de l’opposition et président de la commission des finances, vous pouvez accéder aux documents. Attention, énoncer dans une assemblée n’est pas forcément gage de vérité […] Quand, à la Ville, nous sommes autour de 6 ans d’endettement et vous avez dit 12, nous ne sommes pas dans une situation difficile. C’est vrai que c’est plus compliqué à la Métropole ». Face à la demande d’audit de ce dernier, Michaël Delafosse annonce : « Je n’ai pas eu de problème à demander un rapport de la chambre régionale des comptes sur le sujet des RH et cela nous vaut une enquête. Je vais donc écrire à la présidente de la CRC pour demander un rapport sur les finances de la ville, il n’y a aucun souci ». Au tour, d’Abdi El Kandoussi auquel il rétorque : « Nous avons l’habitude d’avoir une intervention de l’ancien élu du personnel de la Ville de Montpellier pour dire que tout va mal. Vous êtes dans l’opposition, c’est normal, mais quand on propose d’améliorer la situation que proposez-vous ? L’ancien RH de la Ville joue le catastrophisme, très bien, vous vous opposez et caricaturez. Au compte administratif, vous aurez notre niveau d’endettement ».

Enfin, face aux critiques d’Alenka Doulain, l’élue la plus à sa gauche politiquement, Michaël Delafosse observe : « Je ne me réfugie pas, c’est une réalité que les taux d’intérêt ont augmenté et cela vaut pour les personnes comme pour les collectivités. Avant 2022, on nous payait presque pour emprunter de l’argent. Même si nous avons fait de gros efforts de sobriété énergétique, nous avons un coût de l’énergie plus important qu’en 2021. Nous devons tenir compte de tout cela et nous proposons même dans le DOB de mettre 1M€ de provision si jamais les taux repartaient à la hausse «. Partant de ce constat et reconnaissant que des choix ont dû être faits, le maire plaide : » C’est sur cette base que l’année dernière nous avions construit un budget à 220M€ d’investissements, qui était le plus haut d’investissement qu’ait connu la Ville depuis longtemps, et que cette année nous serons à 170M€ car nous devons être prudents ». Une prudence nécessaire à la fois pour la collectivité et pour une certaine échéance…