« Un projet complètement démentiel » : ils contestent l’installation de la clinique du Parc à Sablassou aux portes de Montpellier

MIDI LIBRE / 10 FEVRIER 2025

Valentin COSSON


Le député Benoit Biteau est venu au soutien des Ecologistes locaux.Le député Benoit Biteau est venu au soutien des Ecologistes locaux. Midi Libre – JEAN-MICHEL MART

Des élus écologistes de la Métropole de Montpellier ont invité le 7 février dernier le député de Charente-Maritime Benoît Biteau, sur les terres maraîchères du Sablassou à Castelnau-le-Lez, où est prévue l’implantation de la clinique du Parc.

Ce n’est pas le premier et ce ne sera pas le dernier. À l’occasion de cet énième rassemblement pour défendre les terres du Sablassou, vendredi 7 février à Castelnau-le-Lez, des adhérents écologistes ont exposé leur désaccord vis-à-vis du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de la Métropole de Montpellier.

« On assiste à la destruction de la ceinture verte de Montpellier, alors que ce sont des espaces de respiration, tampons entre les communes, nécessaires pour absorber la pollution, mais aussi pour lutter contre le déclin de la biodiversité », explique Coralie Mantion, ancienne vice-présidente à l’aménagement du territoire de la métropole. Celle qui gérait le dossier jusqu’en avril 2024 estime que sur les dix dernières années, « 1 500 hectares ont disparu sur le territoire, et 750 vont disparaître seulement dans les dix prochaines années. »

La clinique du parc sur quatre hectares

Sur les champs de Sablassou, le projet de déménagement de la clinique du Parc d’ici une dizaine d’années, inquiète les écologistes. Le maire de Castelnau-le-Lez Frédéric Lafforgue a récemment annoncé que quatre hectares suffiront, au lieu des dix prévus au départ. Insuffisant pour l’écologiste montpelliéraine Célia Serrano. « On propose un projet de souveraineté alimentaire à destination des Ehpad, des crèches et de la restauration scolaire. On pourrait imaginer des actions de sensibilisation, par exemple faire venir les enfants pour qu’ils mettent les mains dans la terre. »

De son côté, Richard Corvaisier, élu écologiste à Castelnau, dénonce « une escroquerie » pour évoquer « un projet complètement démentiel ». Lui aussi souhaite valoriser les terres agricoles en « accueillant des activités maraîchères pour ensuite les distribuer » aux alentours.

Jean-Pierre Grand dénonce une « situation ubuesque unique en France »

Le sénateur Jean-Pïerre Grand, ancien maire de Castelnau-le-Lez, a tenu à réagir aux diverses actions des opposants au projet de transfert de la clinique du Parc à Sablassou.

Vilipidant « l’activisme des opposants qui remettent en cause la légitimité des maires » et dénonçant « une stratégie d’intimidation des élus locaux modérés », l’élu déplore « l’impensable combat politique de l’extrême gauche, rejoint par quelques soutiens contre nature, qui tentent d’empêcher le déplacement de la clinique du Parc à Sablassou, sur un terrain de 5 ha, desservi par tous les transports en commun, au profit de cultures maraîchères. Cette situation ubuesque est unique en France. »

Questions à Benoit Biteau, député de Charente-Maritime

En tant que député de la 2e circonscription de Charente-Maritime, quelles sont les différences et ressemblances entre votre territoire et la métropole de Montpellier ?

La grande similitude c’est que la Charente-Maritime, en tout cas la zone sur laquelle j’évolue, est une zone très touristique, très urbanisée, au bord de l’Atlantique. Forcément c’est un tropisme de population où l’immobilier s’envole, et forcément quand l’immobilier s’envole, le terrain à urbaniser coûte très cher, c’est ça la principale similitude. Sauf qu’on aura besoin de nourrir tout le monde, mais attention à ne pas centrifuger des activités agricoles dont on a besoin pour nourrir ces populations toujours plus concentrées, toujours plus denses sur ces zones urbanisées. À un moment donné, il va falloir trouver le juste équilibre de cette solidarité ville-campagne qu’on ne trouve plus dans ces zones où il y a un fort tropisme, parce que ce sont des zones agréables à vivre. On a des climats exceptionnels. Ce qui se passe à Montpellier, ce sont des choses que je peux constater, à La Rochelle par exemple.

Pourquoi les terres de Sablassou vous touchent particulièrement ?

Ça me touche parce que c’est un combat de mes collègues écologistes. Chez les écologistes, je suis le référent sur les questions agricoles. J’ai des cheveux blancs, c’est des combats que je mène depuis longtemps, il faut passer la main. Mais quand je vois des jeunes comme Célia (Serrano) ou Coralie (Mantion) reprendre le flambeau et s’appliquer sur ces sujets-là, il faut être à côté de ces écologistes qui essaient de remettre la mairie au milieu du village, sur des sujets aussi fondamentaux et déterminants. Si on s’éloigne de ces fondamentaux et qu’on pense à urbaniser, ce qui tombe dans l’assiette, on ne sait pas d’où ça vient. On fait vraiment fausse route, il faut vraiment qu’on se réapproprie ces questions-là.