HERAULT TRIBUNE / 5 FEVRIER 2025
Garlonn Gaud
Suite à l’annonce par le Département de l’Hérault d’une réduction de 48 % des financements alloués à la culture, les Écologistes montent au créneau. Ils pointent des décisions « sans vision à long terme », préférant le bitume à l’art, et appellent à un dialogue urgent avec les acteurs du secteur.

La décision a fait l’effet d’une onde de choc dans le paysage culturel héraultais. Le président du Conseil départemental, Kléber Mesquida (PS), a annoncé une baisse de 48 % des financements dédiés à la culture, soit une amputation de 6 millions d’euros. Une mesure justifiée par la baisse des dotations de l’État, mais qui suscite la vive réprobation des Écologistes de l’Hérault.
Dans un communiqué, les groupes locaux EELV du département dénoncent “un choix politique dévastateur”, rappelant que “6 millions d’euros, c’est l’équivalent de 3 km de routes”. Pour eux, le décalage est frappant : alors que la culture subit des coupes sévères, les projets routiers restent préservés. Il convient de rappeler que les infrastructures routières sont une compétences obligatoire des Départements, ce qui n’est pas le cas de la culture. “Faut-il sacrifier l’art et préserver l’asphalte ?” interrogent-ils, regrettant que la culture devienne l’otage d’un bras de fer budgétaire avec l’État.
“Ce sont bien nos collectivités qui font des choix politiques”
Les Écologistes ne dédouanent pas le gouvernement national, accusé d’être “l’origine directe des sacrifices locaux”, mais soulignent aussi la responsabilité des élus départementaux. “Ce sont bien nos collectivités qui font des choix politiques”, insistent-ils, jugeant la décision du Département “dénuée de concertation et de réflexion sur des alternatives”.
Les conséquences redoutées sont nombreuses : pertes d’emplois dans un secteur déjà précaire, fragilisation des festivals, des théâtres et des associations culturelles, sans compter l’impact sur l’attractivité touristique locale. “C’est aussi un coup porté à l’identité culturelle de nos territoires, notamment dans les zones rurales”, prévient le communiqué, qui s’inquiète de l’augmentation des inégalités d’accès à la culture.
“Les théâtres sont nos maisons communes“
Les Écologistes rappellent l’importance de dispositifs comme “Collèges en tournée”, menacé par ces coupes, qui permettaient à des jeunes d’accéder à des propositions artistiques. “Les théâtres sont nos maisons communes, des lieux de débat, de transmission et d’ouverture au monde”, défendent-ils, en appelant à une mobilisation collective.
Face à ce qu’ils considèrent comme un “mépris” envers le secteur culturel et associatif, les groupes locaux EELV / Les Écologistes du département demandent au président du Département de revenir sur sa décision et d’ouvrir un “dialogue constructif” avec les acteurs concernés. “Nous croyons à une culture vivante, vectrice de lien social et d’émancipation. Ne sacrifions pas notre richesse culturelle à des choix arbitraires et précipités”, concluent-ils.