Un moratoire de deux mois : la ZFE entrera bien en vigueur à Montpellier avant un nouveau vote en conseil de Métropole en février prochain

MIDI LIBRE / 10 DECEMBRE 2024

Yannick POVILLON

À Lyon, les panneaux sont installés et les contraventions peuvent être établies.À Lyon, les panneaux sont installés et les contraventions peuvent être établies. MAXPPP – Joël PHILIPPON

La Zone à faibles émissions ne donnera lieu à aucun contrôle ni verbalisation avant une nouvelle délibération prévue d’ici deux mois où seront invités des spécialistes de l’environnement et de la pollution. Chaque élu devra alors se positionner…

Le débat autour de la Zone à faibles émissions (ZFE) n’était pas à l’ordre du jour du conseil de Métropole. Mais chacun savait qu’il s’inviterait tôt ou tard dans les débats. Il est arrivé, lors d’une délibération autour… du covoiturage. C’est le maire de Castelnau-le-Lez qui a débloqué le sujet en proposant un amendement afin de « surseoir au calendrier actuel » de la ZFE, explique Frédéric Lafforgue.

Qui est concerné par les vignettes Crit’Air 3 ?

L’interdiction des vignettes Crit’Air 3 qui va s’appliquer dans la Métropole de Montpellier et dans dix communes tout autour prévoit d’exclure principalement les voitures diesel immatriculées avant 2011 et les véhicules essence immatriculés avant 2006. Cela représente 21 % du parc automobile français, soit près de 8,84 millions de véhicules, selon les données d’AAA Data. Près de 60 000 véhicules dans le périmètre de la Métropole de Montpellier. Cette interdiction s’applique également aux véhicules utilitaires légers diesel immatriculés avant 2011 et aux deux-roues motorisés immatriculés avant 2007.

Il s’agit de demander au président Delafosse d’autoriser un moratoire alors que Montpellier va entrer en ZFE dès le 1er janvier, interdisant au passage les porteurs de vignettes Crit’Air 3, les véhicules les plus polluants. Le débat était lancé. Beaucoup d’intervenants se sont succédé. Tous reconnaissent l’importance de l’enjeu : celui de la lute contre la pollution et en faveur de l’amélioration de la qualité de l’air : « Cette demande d’amendement n’est pas contre la Métropole ou son président mais contre la mesure incohérente que nous impose l’État », insiste Cyril Meunier, maire de Lattes. Qui demande comme beaucoup de maires métropolitains « du temps » face à l’incompréhension des populations.

Une qualité de l’air dans le rouge

L’opposition au maire Michaël Delafosse est moins tendre. Alenka Doulain (Mupes) parle « d’impréparation » et d’une « écologie punitive incomprise par les plus modestes » ; l’écologiste François Vasquez évoque « une hypocrisie » alors que « la Métropole soutient la construction du Contournement ouest et de deux incinérateurs ».

L’élu lattois, Bernard Modot tempère les débats et refuse « de reculer » face au poison de la pollution. Finalement Michaël Delafosse, le président, accorde une sorte de moratoire de… deux mois : « On votera au prochain conseil de Métropole en février, et on va inviter les associations ». Une façon de souligner les enjeux environnementaux et sanitaires.  Le maire de Montpellier veut mettre chacun face à ses responsabilités, non sans avoir rappelé que les capteurs de pollution rappellent « devant les lycées et les écoles de nos enfants que la qualité de l’air n’est pas bonne ». Que le rouge y est la règle depuis que les capteurs ont été replacés devant les établissements scolaires là où circulent des milliers de voitures chaque jour.

D’ici là « aucun PV ne sera dressé » mais la ZFE entrera bien en vigueur « comme nous l’avons unanimement voté », rappelle Michaël Delafosse. À ce jour, une courte majorité d’élus est plutôt en faveur d’un moratoire. Le président dispose de deux mois pour inverser cette tendance…